INTEGRATION DES TIC A L’EDUCATION : Enjeux et perspectives pour les pays en Développement

INTRODUCTION

Les Technologies de l’Information et de la Communication peuvent être perçues comme le résultat d’une évolution logique des performances de l’équipement  informatique  et  des télécommunications. Il s’agit de toutes les techniques récentes permettant de collecter, traiter, transférer et diffuser des messages sous forme  vocale, de données, vidéo ou multimédia(OSSAMA, 2001).

Les TIC sont donc un ensemble de technologies utilisées pour traiter, modifier et échanger de l’information, plus spécifiquement des données numérisées.

En dépit du récent ralentissement économique, l’utilisation des technologies de l’information et des communications (TIC) est en hausse dans le monde entier. Fin 2009, les abonnements de téléphonie cellulaire avaient explosé sur toute la planète pour atteindre quelque 4,6 milliards, soit un abonnement à un téléphone portable pour 67 personnes sur cent. La croissance de la téléphonie mobile reste forte surtout dans le monde en développement où en 2009, sa pénétration avait dépassé la barre des 50 pour cent.

Ainsi, Internet continue son expansion. En fin 2008, 23% de la population mondiale (1,6 milliards de personnes) se servaient d’Internet,même sidans les régions développées, le pourcentage reste beaucoup plus élevé que dans le monde en développement, où une personne sur six seulement est en ligne. Le nombre de personnes ayant accès augmente donc de manière très importante depuis les dernières années.

On assiste présentement  à  une certaine  démocratie  des  TIC puisqu’elles sont accessibles à tous  ceux  qui sont équipés d’un ordinateur personnel et d’un modem. Cette situation n’est pas sans effet sur l’ensemble de la société en général et le monde de l’éducation en particulier. Les Technologies de l’Information et de la Communication sont utilisées dans plusieurs secteurs d’activités dont notamment la santé, l’éducation, l’économie, l’agriculture ou encore l’éducation.

Dans le monde de l’enseignement, cela entraîne l’arrivée de nouveaux outils qui donnent la possibilité d’améliorer les pratiques actuelles et de développer de nouvelles solutions pour faire face aux défis d’aujourd’hui.

Il est question dans cet article de rendre compte du rôle des TIC dans l’amélioration des processus éducatifs.

Pour atteindre cet objectif, nous ferons d’une part une revue sur l’apport des TIC dans le domaine de l’éducation et ensuite, nous décrirons les ressources informatiques pouvant être utilisées dans le cadre d’un processus d’apprentissage.

I – APPORT DES TIC A L’EDUCATION

Pour plusieurs personnes ressources dans le domaine de l’éducation, l’apprentissage peut être facilité par le numérique et l’usage des TIC.

Ainsi, le Sous-Directeur Général de l’UNESCO pour la communication et l’information ABDOUL WAHEED Khan dans : « Vers des sociétés du savoir » in Revue d’information No 2, le Cameroun et l’UNESCO,(sd) p.151, distingue deux genres de relations entre les technologies de l’information et de la communication (TIC) et de l’éducation.

La première réside dans l’enseignement et la diffusion des technologies  de l’information,  en  vue  de familiariser les sociétés avec celles-ci et mettre tous les citoyens en mesure d’utiliser les TIC en toute confiance, tant dans leur vie privée que dans leur milieu professionnel.

La seconde relation concerne l’utilisation des TIC à l’intérieur des systèmes d’éducation et de formation afin  d’atteindre des objectifs d’apprentissage  qui n’appartiennent pas nécessairement au  domaine des TIC. A cet  égard,  il  ajoute : qu’« ’il est grand temps d’entamer la réflexion sur les méthodes axées sur l’éducation elle-même,  où    c’est  l’objectif  recherché  par  l’enseignement  ou  la  formation  qui détermine l’emploi des TIC et non pas le contraire ».

ABDOULWAHIDOU (2009) a en  effet relevé que les vieilles méthodes  de  transmission  de  connaissance  sont  insuffisantes avec  le  besoin  pressant  d’améliorer  la  pertinence  et  la  qualité  des  programmes  éducatifs.  Ce  besoin  ne  concerne  pas  seulement  l’éducation  formelle  mais  aussi l’éducation  informelle.

Déjà, dans le Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous de2006, il était fait mention du fait que « Les TIC peuvent ouvrir des possibilités à l’alphabétisation formelle et non formelle des adultes, bien que l’accès  aux  technologies soit très inégal dans de nombreux contextes » et aujourd’hui beaucoup de pays en développement tels que l’Inde expérimentent les TIC dans l’éducation non formelle  bien que les résultats soient plus ou moins mitigés. De la sorte, les technologies modernes telles que les TIC ont reçu un accueil favorable dans le monde entier, y compris les régions pauvres présentant des similarités avec les zones rurales du Cameroun.

En outre, (HEUTE, 2008) indique que dix-huit études ont permis de comparer l’efficacité en termes d’apprentissage d’un hypertexte[1] par rapport à une présentation non-hypertexte en milieu scolaire. Huit de ces études montrent un impact positif de la lecture hypertexte tandis que les cinq autres l’inversent.

Dans les pays en développement, les TIC  peuvent  jouer  un  grand  rôle  pour l’éducation dans  la mesure où elles facilitent la mise en place des programmes d’éducation en permettant une  meilleure  circulation  des  informations. Leur  usage  en  éducation  peut  donc contribuer  à  réduire  considérablement    le  taux  très  élevé  d’analphabétisme particulièrement en zone rurale.

II- LES RESSOURCES INFORMATIQUES ET PROCESSUS D’APPRENTISSAGE EN AFRIQUE

En ce qui concerne l’application des TIC au domaine de l’éducation, elles permettent d’améliorer la qualité de l’éducation, en facilitant la création de contenus éducatifs d’une part et en facilitant l’accès à l’éducation pour les apprenants à travers l’e-learning. Ainsi, elles peuvent permettre à des personnes vivant dans des milieux enclavés d’accéder à des éléments de connaissance pouvant améliorer les perspectives d’insertion sociale ou socioprofessionnelle. Dans cette partie, nous distinguerons quelques méthodes et ressources d’apprentissage.

1. L’E-APPRENTISSAGE

L’Union Européenne définit l’e-learning comme « l’utilisation des nouvelles technologies multimédias et d’internet pour améliorer l’apprentissage en  facilitant l’accès aux ressources et services ainsi que les échanges et la collaboration à distance.

L’e-apprentissage s’inscrit dans les nouvelles possibilités de transmission de savoir qu’offre l’accès aux TIC. C’est un mode d’éducation à distance dans lequel les éléments de cours sont mis en ligne sur internet et l’apprenant doit télécharger ses leçons ou suivre ses cours en télé-enseignement.

a. Les avantages du e-learning :

Cette méthode d’apprentissage recèle plusieurs avantages :

  • L’apprenant peut étudier à n’importe quel moment et dans n’importe quel lieu connecté au réseau
  • L’apprenant n’est pas obligé d’être physiquement présent sur le campus, les contenus de formation étant accessible partout.
  • Plusieurs outils permettent à l’apprenant de participer à différents types d’activités (forum, chat, etc.) afin de rendre plus dynamique le processus de formation ou d’apprentissage.
  • Les échanges d’informations grâce aux activités de groupe entre les participants permettent le partage d’expérience et
  • L’approche est individuelle et centrée sur les besoins de l’apprenant
  • L’apprenant peut en général choisir son style d’apprentissage et son parcours de formation.
  • L’apprenant Compter sur le soutien d’un tuteur expert et capable de le guider en cas de difficultés.

Ce mode d’apprentissage peut permettre de toucher plusieurs personnes à travers le monde, car Internet étant devenu un village interplanétaire. En effet, selon le rapport des OMD en 2010, en fin 2008, 23% de la population mondiale (1,6 milliards de personnes) se servaient d’Internet.

ATTALI (2006 : 188) , avait déjà annoncé que : « Avant 2030, chacun, sauf les plus pauvres, sera connecté en tous lieux à tous les  réseaux  d’information par des infrastructures à hauts débits, mobiles (HSDPS, WiBrO, WiFi, WiMAx) et fixes (fibres  optiques).».

Ceci démontre que l’e-apprentissage est un mode d’éducation de masse, la condition étant de posséder un ordinateur et d’être connecté sur internet.

b. Les difficultés pour les pays en développement :

Dans les pays en développement le développement du e-learning fait face à de nombreux obstacles :

  • Les infrastructures sont précaires
  • Les incessantes coupures de courant empêchent de suivre les cours
  • Le coût d’internet est souvent très élevé
  • Le débit est faible et réduit les opportunités de téléchargements des cours ou de télé-enseignement en streaming
  • Le réseau internet ne couvre pas tout le territoire

 

2. LES LOGICIELS D’APPRENTISSAGE

Les logiciels[2]d’apprentissage ou logiciels éducatifs font partie des technologies éducatives[3] les plus récentes. De nombreux logiciels d’apprentissage sont développés dans le sillage des sciences de l’éducation. Comme pour tout logiciel, la conception d’un logiciel éducatif nécessite une interprétation de besoins de formation en diverses exigences de prestation, des moyens pour présenter de l’information, pour donner des exercices, etc. Les exigences de prestation sont ensuite traduites en matérialisations, en textes et images (pour présenter de l’information), concevoir des invites pour recueillir des réponses (pour les exercices), etc.

Le tableau ci-dessous décrit une typologie des logiciels éducatifs selon leur fonction pédagogique.

Tableau 1 : Typologie des logiciels  d’apprentissage

Fonction pédagogique Logiciel Théorie Tâche Connaissance
Présenter de l’information Tutoriel cognitiviste lire présentation

ordonnée

Dispenser des exercices Exerciseur behavioriste faire des

exercices

association
Véritablement enseigner

Tuteur

intelligent

cognitiviste dialoguer représentation
Captiver l’attention et la

motivation de l’élève

Jeu principalement

behavioriste

jouer  
Fournir un espace d’exploration Hypermédia cognitiviste

constructiviste

explorer présentation

en accès libre

Fournir un environnement pour la

découverte de lois naturelles

Simulation constructiviste

cognition

située

manipuler,

observer

modélisation
Fournir un environnement pour la

découverte de domaines abstraits

Micromonde constructiviste construire matérialisation
Fournir un espace d’échange

entre élèves

Collecticiel Cognition

située

discuter construction

de l’élève

Source : EricadeVries, 2006. (adapté de deVries, 2001, p.112).

Le logiciel d’apprentissage pourra être d’un apport  substantiel s’il est appliqué à l’éducation formelle ou non formelle. Tout dépendra du contexte dans lequel il sera élaboré.

CONCLUSION

Pour des pays en développement qui ont un impératif de développement de leur capital humain, il est nécessaire d’initier des projets de développement centrés sur la promotion de l’usage des TIC, la conception des supports didactiques et des plateformes socio-éducatives. Ces projets doivent être conçus dans le cadre d’une politique des TIC orientée dans le secteur de l’éducation.

BIBLIOGRAPHIE

ABDOUL WAHEED, K,.  (sd) : « Vers  une  société  de  savoir »  in Revue d’information No 2 , le Cameroun et l’UNESCO, p 151.

ABDOUL WAHIDOU. (2009).     L’UTILISATION  DES  NTIC  PAR  LES  FORMATEURS  D’ADULTES  DU  SECTEUR NON  FORMEL  DANS  LES  ZONES  RURALES AU CAMEROUN :  LE  CAS  DU  PROGRAMME « CONVERGENCE » DU SECTEUR BELEL. Mémoire. INJS

ATTALI, J,. (2006) : Une brève histoire de l’avenir, Paris, Fayard, p188.

DeVries,E.(2001). Leslogicielsd’apprentissage:panoplieouéventail?Revue Française de Pédagogie,137,105″116.

DeVries,E.(2006).  Représentation et technologie en éducation.Université Pierre »Mendès »France Laboratoire des Sciences de l’Education, Grenoble.

HEUTTE J. (2006).Influence de l’habituation à l’usage de l’outil informatique sur l’apprentissage et les résultats scolaires d’élèves du cycles 3 de l’école primaire. Centre de recherche éducation et formation. Université Paris X – Nanterre

OSSAMA,  F.  (2001).  Les  nouvelles  technologies  de  l’information.  Enjeux  pour l’Afrique subsaharienne. Paris. L’Harmattan.

Koffi NuteféTsigbe. 2010. EDUCI/ROCARE Revue Africaine de Développement t de l’Education.

Rapport 2010, OMD. Nations Unies.

[1] Technique ou système qui permet, dans une base documentaire de textes, de passer d’un document à un autre selon des chemins préétablis ou élaborés lors de la conception.

[2]Ensemble des programmes, des procédés et des règles, et éventuellement de la documentation, relatifs au fonctionnement d’un ensemble de traitement de l’information.

[3] Ensemble de procédés ayant pour objectif de concevoir, développer, produire ou mettre en place des méthodes, des outils, des supports, présentant une amélioration de l’action éducative.

Rédigé par

Rédigé par : Léandre Kouotou

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